Guatemala ¡ Qué les vaya bien ! – Le centre et la côte Caraïbes (2/3)

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Préparez-vous à voir la vie en vert en lisant cet article, car on quitte les volcans escarpés, les lacs et l’ambiance coloniale pour pénétrer la jungle, la vraie. Là où c’est humide, là où la vie animale fait des bruits bizarres, là où ça pleut à t’en tremper les os. La jungle, quoi.

Ce n’est pas que je veuille insister à propos de la mauvaise réputation du pays, mais la région du Verapaz, au centre du Guatemala, est une de celles où on y regarde à deux fois avant de dégainer en pleine rue son oseille fraîchement sortie du distributeur. Si vous pensez être plus grand et plus fort qu’un paysan guatémaltèque, rappelez-vous que lui travaille à l’aide d’une machette et qu’il ne la porte jamais bien loin de la ceinture quand il se promène. Vous, malheureusement, vous avez dû laisser votre machette au premier portique de sécurité de l’aéroport. De toute façon elle n’entrait pas dans votre sac à dos de backpacker Quechua. Mais qu’on se le dise, tout de même : il ne devrait y avoir aucun problème si vous observez ces quelques règles de base :

  • Si vous transportez toutes vos affaires, voyagez en minibus de touristes, entre visages pâles bêtes et naïfs, autant que faire se peut.
  • Voyagez de jour pour éviter les problèmes sur la route (effondrements et éboulements sont le lot des petites pistes de terre que vous emprunterez pendant des heures).
  • Soyez discret avec votre argent et pensez à le disséminer un peu partout, du sac 1 au sac 2 en passant par la chaussette gauche et le fond de la culotte. Notez qu’il est très facile de trouver des distributeurs dans les villes qui ont un quelconque intérêt touristique. Inutile donc de se promener avec toute votre fortune sur vous.
  • Ne vous aventurez pas dans la cambrousse sans un guide ou sans une connaissance locale fiable.
  • Ne sortez pas la nuit quand vous ne connaissez pas les lieux. C’est ce qu’on m’a dit, c’est ce que j’ai fait, je n’ai pas eu de problème. Le truc c’est que : dois-je croire ce que je n’ai pas vu, à savoir que la nuit est dangereuse au Guatemala ? Suis-je crédible quand j’énonce ces règles anti-monde de la nuit, moi qui dormais à poings fermés à 21h pendant toutes les vacances ? A vous de voir !

La région du Verapaz : escapade à Semuc Champey

Bon, je préfère vous prévenir tout de suite : d’abord, non, le trajet direct Panajachel (lac Atitlán) – Lanquín ou Cobán n’existe pas. Vous êtes forcés de repasser par Antigua. Et non, le trajet Antigua – Lanquín ne dure pas 7h. Comptez bien 10h (et encore, à la saison sèche) pour parcourir cette distance qui n’est pourtant pas si grande sur la carte. Car non seulement vous allez devoir ramasser chaque passager dans son hôtel, d’un bout à l’autre d’Antigua (ça dure bien une heure), mais vous allez aussi devoir traverser la capitale embouteillée (comptez deux heures), puis, après une route fluide, vous allez arriver à Cobán triomphants (« Ouaiiiis ! C’est Cobááán ! On est bientôt arrivéééés »), sans savoir que la minuscule distance qu’il vous reste à tracer se fait sur une piste de terre sinueuse, boueuse et vertigineuse, de nuit qui plus est (le soleil tombant à 18h). Bref, vous arriverez 10h plus tard, n’attendez ni plus (quoi que…), ni moins.

Tout ça pour arriver à Lanquín, un petit village vallonné et coloré où toutes les trajectoires des voyageurs convergent pour admirer la beauté de Semuc Champey, LE site que vous voyez sur TOUTES les photos du Guatemala.

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Attention, je récite de tête et je n’ai ni mémoire, ni compétences géologiques crédibles : Semuc Champey est une espèce de plaque de roche qui est tombée de la montagne pour s’allonger sur la rivière. Au fil des millénaires, l’érosion y a creusé une succession de piscines naturelles en terrasses, séparées les unes des autres par des petites cascades. (Ceux qui m’ont suivie jusqu’à la fin et qui ont compris le principe sans regarder la photo en une de cet article auront un pin’s.) 

Votre guide vous laissera patauger de piscine en piscine, prendre la pose pour narguer les copains restés en France, susciter les « likes » des inconnus qui vous suivent sur les réseaux sociaux. Tout ça pour dire que c’est beau, alors on y reste quelques heures. Et c’est encore plus beau vu d’en haut, après une montée assez rude d’une vingtaine de minutes jusqu’au mirador.

montée vers le mirador jungle semis champey guatemala

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Les tours organisés pour Semuc Champey comprennent aussi, en général, une escapade dans les caves (« keïvss », en anglais, pour ceux qui croyaient que j’évoquais des caves à vin). Je ne sais pas si vous vous souvenez de ma première aventure des caves aux Philippines (elle fut pour le moins traumatisante)… Eh bien celle-ci est dix fois pire. Pour faire simple sans vous priver du plaisir de la découverte, sachez que cette escapade dans des grottes n’est autre que du CANYONING SANS CASQUE, SANS HARNAIS, en maillot de bain et chaussures, le tout DANS LE NOIR TOTAL avec pour seul éclairage UNE BOUGIE QUE VOUS TENEZ PÉNIBLEMENT À LA MAIN.

Vous devrez avancer dans l’eau sans avoir pied (enfin, moi, qui mesure 165,5cm, au milieu de ces Australos et autres Choubidoux immenses, je n’avais pas pied), sans noyer votre bougie (raté, pour ma part), monter et descendre des échelles vertigineuses dans l’obscurité la plus totale, grimper à la corde le long d’une cascade, escalader des rochers dans le noir, SAUTER DANS UN BASSIN TOUT AUSSI NOIR, vous glisser à l’aveugle entre deux rochers tranchants… Bref, j’ai tremblé de trouille pendant l’heure et demi de torture qu’a été cette expérience. Cela dit, quand on finit par sortir de la grotte et par revoir le jour, on savoure la chance d’avoir pu faire ce genre de choses sans la censure de la sécurité. Mais bon sang d’bonsoir !

Les bonnes adresses pour dormir

  • Zephyr Lodge, à Lanquín 

Elle est connue comme le monde pour sa piscine à débordement vue sur la jungle, son ambiance et ses soirées, j’ai nommé, Zephyr Lodge. « A fucking gringo place », dixit… un gringo.

Si on n’a pas profité de la piscine pour cause de pluie, il n’empêche que le restaurant ouvert aux quatre vents est un endroit magnifique, où l’on mange bien et où qui veut rencontrer du monde rencontre sans souci.

Pour dormir, c’est au choix entre des bungalows privés et des dortoirs tout en bois, ouverts sur la jungle. Attention, il est obligatoire de réserver par internet (paiement via Paypal), au moins une semaine à l’avance pour les dortoirs et trois semaines à l’avance pour les bungalows. Comptez 172 quetzales (20€) la nuit dans un lit double en dortoir.

P.S. : Si vous aspirez au calme pour dormir tôt, passez votre chemin. 

Le río Dulce & Livingston : on change d’ambiance

Le río Dulce, c’est le fleuve qui coule à partir de la ville éponyme, aux confins de l’immense lac Izabal (un nom qui sonne basque). Le trajet Lanquín – Rio Dulce se fait en cinq petites heures, sur des pistes de terres boueuses mais où on roule sans peine.

Notre chauffeur aux dents en or à la Joey Starr a été mon coup de coeur du voyage ! Plus souriant et plus mignon, tu meurs ! Il m’a aussi valu le plus gros fou rire du voyage pour sa persévérante (épuisante) quête d’une station radio qui émette un son audible. Tout ça pour trouver un espèce de son de musique classique à peine perceptible dans l’énorme grésillement qui voulait dire « Bataille pas, ça capte pas », mais pour monter le son quand même. (Mais on s’en fout de cette anecdote, en fait.)

Arrivés à Río Dulce, on prend le bateau pour traverser le Golfete (ce n’est plus le lac, ça n’a pas encore une forme de fleuve, on dirait un deuxième lac en forme de tête de spermatozoïde, bref, je n’ai toujours pas de vocabulaire géographico-géologique). Rien de joli jusqu’ici, de toute façon on a du sel dans les yeux tellement ça vente et ça clapote. Mais dès qu’on arrive à la queue du spermatozoïde, on souffle.

hamac rio dulce guatemala hotel finca tatin

La rivière est d’un calme presque effrayant (rapport aux crocodiles qui soit-disant n’existent pas, mais qui, pour sûr, prennent leur pied dans un endroit pareil). Elle sinue dans la mangrove, survolée par des pélicans et des hérons par dizaines. Franchement, à part les pigeons, je crois que ça faisait des années que je n’avais pas vu autant d’oiseaux. Coup de foudre pour les hérons aux pattes aussi fines que celles des top models les plus rachitiques, qui se tiennent tout droits sur leurs branches, flopée de taches blanches filiformes sur l’étendue verte des arbres de la jungle.

Au bout du fleuve, la vue est encore plus spectaculaire : des falaises immenses nous entourent, couvertes de végétation, et la rivière est claire comme l’eau de roche. L’arrivée à Livingston ne se fait que par ce chemin fluvial. Les habitants de la ville ne veulent pas qu’une route soit construite, et ils font bien.

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La particularité de la ville, c’est son mélange de cultures. Aux Mayas rencontrés partout jusqu’ici s’ajoutent les Garifunas. Ces Guatémaltèques noirs sont originaires de l’île Saint-Vincent et sont le fruit d’un métissage au XVIIe siècle entre esclaves noirs Africains et Amérindiens. Voilà un changement de décor comme on aime en connaître en voyage. Ne vous attendez pas non plus à changer totalement de monde, mais l’ambiance ici est spéciale, c’est sûr.

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Je me sens obligée de vous dire de goûter à la spécialité locale, le tapado, mais vous risquez de faire comme moi : goûter, regretter. Cette soupe de poisson hardcore au lait de coco ne nous a pas fait vibrer les papilles. On est vite revenus à notre éternel poulet grillé.

Les bonnes adresses pour dormir

Un conseil, variez les plaisirs : une nuit sur le Rio Dulce, deux nuits à Livingston. Ou le contraire, mais faites les deux, c’est très différent et chaque expérience vaut le coup.

  • Fínca Tatín, sur le río Dulce

Dès que vous grimpez dans la lancha (le bateau à moteur) à Rio Dulce, demandez l’arrêt à Fínca Tatín, une guesthouse 100% écolo complètement fondue dans la jungle et dont les petits pontons vous permettent de savourer l’ambiance de la rivière les pieds dans l’eau. Le service est très agréable, on mange tous ensemble à 19h et les cocktails sont très bons. Pour dormir, c’est soit bungalow privé (plus cher face à la rivière, moins cher côté jungle), soit dortoir (60 quetzales par lit, soit 7,5€). Chaque lit est équipé d’une moustiquaire.

  • Casa Escondida, sur les hauteurs de Livingston

Ce petit hôtel qui n’a ouvert qu’en 2015 porte bien son nom puisqu’il est difficile à trouver, mais demandez votre chemin aux gens dans la rue (en leur disant bien que vous avez réservé même si ce n’est pas le cas) et ils vous guideront. Tenue par un couple très sympathique, la Casa Escondida propose 7 chambres doubles. Celles qui donnent sur le jardin coûtent 250 quetzales (environ 32€). Le bonus, c’est la petite piscine toute mignonne et le petit-déjeuner comme chez grand-mère. Les hôtes sont aussi de très bon conseil pour rejoindre les pays voisins (Belize et Honduras en particulier). Ils pourront aussi vous organiser une escapade vers les Siete Altares (des cascades qui ressemblent à Semuc Champey, mais en tout petit) et la Playa Blanca.

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Les bonnes adresses pour manger et boire un verre

  • Restaurant Gaby, pour manger bien et pas cher

Pour manger simple et pas cher, allez sans hésiter au Restaurant Gaby. Carte simplissime, déco qui paye pas de mine, mais tout le monde semble en sortir satisfait. En plus, les employés sont très commerçants (rapport à mon caprice concernant les bananes plantain frites présentes dans l’assiette de Choubidou mais pas dans la mienne et qui m’a valu un rab de bananes plantain frites).

  • La Primavera, la bière la moins chère de Livingston et le QG des pêcheurs 

8 Quetzales la Gallo (soit 1€), le choix est vite fait entre les bars cossus des hôtels et ce repaire à pêcheurs garifunas. Il fait sombre, les toilettes sont bouchées, la musique est fracassante, mais c’est ce qu’on appelle une expérience authentique. Profitez-en !

>> Prochain épisode : Les pyramides de Tikal et Guatemala City.

>> Épisode précédent : Antigua et le lac Atitlán

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Manuela

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